Techniques de silencieux (squelch)

Les circuits de détection des récepteurs dans les microphones sans fil produisent un bruit audio élevé en l’absence de signal d’entrée RF. Ce bruit, s’il entrait dans le système audio, serait intolérable à entendre et risquerait d’endommager les amplificateurs et haut-parleurs. Pour que le système fonctionne, le récepteur doit être muni d’un circuit de silencieux pour mettre en sourdine la sortie audio en l’absence de signal RF.

Le circuit de silencieux le plus élémentaire surveille l’entrée du signal RF au récepteur et met en sourdine la sortie audio si ce signal devient insuffisant pour obtenir une sortie audio acceptable. Si l’on règle correctement ce circuit et que tout marche comme prévu, le récepteur n’accepte qu’une entrée audio de qualité acceptable. Autrement, la sortie du récepteur est coupée. Ce type de silencieux fonctionne parfaitement en l’absence d’interférence.

Mais si elle se produit, cela complique considérablement la situation. Les signaux brouilleurs modifient le réglage du silencieux du récepteur pour réactiver la sortie audio, spécialement si l’émetteur sans fil est éteint. Une solution consiste à disposer d’un seuil de silencieux réglable. De nombreux réglages de silencieux retirent la sourdine lorsqu’un fort signal d’émission est capté, mais pas en cas de faible signal brouilleur. Malheureusement, un réglage trop élevé ou « serré » du silencieux limitera également la portée maximale du système. Pour la bonne raison que l’émetteur doit se trouver relativement proche pour transmettre un signal suffisamment fort au récepteur.

La solution passe parfois par des techniques de silencieux plus complexes. L’une d’elles consiste à ajouter un signal d’identification de haute fréquence au signal de l’émetteur. Le récepteur vérifie les signaux d’entrée pour détecter ce signal d’identification. S’il ne le reconnaît pas, il considère alors que le signal qu’il perçoit ne provient pas de son propre émetteur et met la sourdine, même en présence d’un fort signal brouilleur. Ce type de silencieux se nomme généralement « à signal d’identification » ou à « commande par tonalité ».

Une troisième approche consiste à surveiller le niveau de bruit en haute fréquence à la sortie du détecteur du récepteur. Un niveau de bruit élevé indique un brouillage de la réception ou que le signal en question n’est pas à une fréquence correcte et qu’il s’agit probablement d’un signal indésirable, ou encore qu’il possède d’autres caractéristiques indiquant qu’il ne s’agit pas du signal souhaité. Combinée à un silencieux surveillant le niveau de signal, cette technique porte le nom de silencieux double mode.

Il est possible d’utiliser d’autres circuits de silencieux et des techniques encore plus raffinées. Malheureusement, aucune de ces approches n’est infaillible. L’intermodulation risque de tromper les silencieux à signal d’identification. Un produit d’intermodulation généré par un émetteur doté d’un signal d’identification et combiné à un autre signal communiquera à tort ce signal. De la même manière, les signaux brouilleurs sur une fréquence adéquate tromperont un récepteur muni d’un silencieux double mode.

Il existe également un problème fondamental commun à toutes les techniques de silencieux. Bien que les circuits de silencieux sophistiqués parviennent généralement à fermer le récepteur en cas de brouillage, ils ne permettent pas pour autant de faire fonctionner le système sans fil. On a donc le choix entre un son de mauvaise qualité ou pas de son du tout. Une bonne audio exige l’élimination des brouillages sous-jacents. En l’absence de brouillage, les circuits simples des silencieux marchent bien; mais en présence de fortes interférences, même les techniques de pointe ne peuvent qu’interrompre l’audio et fermer le système.